JMV engage une relation épistolaire avec Gilles Lapouge en 1982 à travers Jean Giono. Ils partagent les mêmes goûts (R. L. Stevenson, N. Bouvier…) et la même vision sur l’actualité littéraire. Ils se rencontrent souvent rue Fondary à Paris.
Septembre 1991.
GL envoie le texte pour le catalogue de l’exposition au MUMA.
Cher ami,
Voici un texte. S’il ne convient pas, ne soyez pas gêné de ne pas en tenir compte.
Je l’ai écrit dans de tristes moments. Mon petit-fils a été renversé par un métro. Après cinq jours d’inconscience, le voilà revenu, mais avec un bras et une jambe perdus.
Comment continuer à vivre ? Je n’ai jamais rien connu d’aussi affreux.
Je serai absent deux petites semaines.
Avec mon amitié,
GL
24 avril 1995
Cher ami,
Bien sûr je me souviens et votre toile, sur le mur de mon bureau de livres me le rappellerait. Merci de m’avoir envoyé ce texte sur Giono, oui, de quoi nous laver de tous ces entrepreneurs d’avant-garde, si bien peignés, si propres aujourd’hui. Ce qui me frappe chez lui, c’est le génie créateur, l’imaginaire, la clarté, le scintillement, la netteté de sa poésie – et en vis-à-vis l’incertitude, la mouvance, la brume de ses visions philosophiques. (Peut-être la seule philosophie sérieuse serait de lire le silence. Je veux dire le petit livre dans lequel rien n’est écrit et qu’Alexandre lit à longueur de temps dans l’Iris de Suse).
Enfin tout ça pour dire que votre lettre, votre texte, m’ont fait plaisir.
Pour moi, rien de très original. J’ai un roman à paraître en août. Une histoire qui se passe en Islande au 18e siècle. Je vous en avais peut-être dit un mot.
Avec amitié,
Gilles Lapouge