de 1965 à nos jours Parcours artistique
Les origines
Jean-Marc Vallin, né le 14 mai 1948 dans un sublime littoral océanique à Sainte-Adresse, qui jouxte Le Havre, ville rasée en 1944 par les Alliés.
La beauté du paysage marin et de son écosystème deltaïque encore inviolé lui fait sentir, puis comprendre, vers 13 ans, qu’il appartient à une espèce égarée dans l’autodestruction survivaliste. Il lit dans le Journalde Delacroix (qui a évolué d’une mélancolie anthropologique vers une peinture de la « fête pour l’œil ») : « Je mourrai dans la honte d’être homme. » Le village de sa mère fut également bombardé, rasé.
Règne l’ambiance d’après-guerre ; sur la plage s’exhibent des ruines de bateaux naufragés.
Le parcours académique (1965–1974)
En 1965, au moment où émerge la société de consommation, il part étudier à Paris, à l’Académie de la Grande Chaumière et à celle de Charpentier. Jusqu’en 1970, il rencontre des artistes anciens (Marfaing, Goetz, Zadkine, Miró, Estève…) et nouveaux comme « Supports/Surfaces ». Également, il rencontre des écrivains comme Mandiargues et Breton. Il correspond avec Jean Giono.
En 1974, il est reçu au diplôme national de peinture des Beaux-Arts de Rennes. Il vit dans la campagne proche de Granville. Il a deux fils, Geoffroy et Hugues. Il rencontre Ponge et Deleuze aux colloques de Cerisy-la-Salle. Il obtient une maîtrise d’arts plastiques ainsi qu’un CAPES pour enseigner.
Les Cévennes, une immersion dans le vivant (1978–1984)
En 1978, il part avec sa famille pour six ans en Cévennes, à Vallée-Française, là où R. L. Stevenson a fait son périple avec Modestine, et vit en pleine nature dans un mas (avec une source et une forêt) qu’il restaure. Autour habitent des marginaux, des artistes clandestins et des anthropologues.
C’est un écosystème sauvage qu’il adore. Au bas des montagnes coulent les Gardons, dans des gorges sculptées qu’aiment les libellules et les papillons.
Musée Malraux et Ouessant
Dans les années 1980, il prépare une exposition pour le musée Malraux du Havre. Simultanément, il fréquente le milieu de la voile du Finistère Nord et passe un séjour sur l’île d’Ouessant qui, avec les Cévennes, construit son imaginaire « astrobiologique » et répare la blessure havraise.
Vers l’astrobiologie
Après avoir contacté deux amis – Gilles Lapouge et Georges Balandier – pour composer l’ensemble, a lieu l’exposition transdisciplinaire « Provocateurs étranges » au Musée Malraux du Havre d’octobre 1990 à janvier 1991.
Le marché de l’art décrète que l’histoire de la peinture et sculpture est finie… La discipline artistique anticipe la première ce qui arrive aux autres disciplines mangées par les infrastructures du langage machine.
JMV installe son atelier en Normandie à 4 km de l’océan et cultive une forêt-jardin. Il expose très rarement préférant échanger librement avec des amis/amies plutôt chamanes, poètes, artistes, transdisciplinaires (qui osent estimer sa recherche plutôt que l’incapacité d’évaluation des marchands…). Il donne quelques conférences d’histoire de l’art « du paléolithique à aujourd’hui ».
Il commence enfin à être en accord avec sa peinture comme simple sensation affective.